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A l’attn de : Mlle Gaëlle
Guernalec / Fax : 01 53 56 88 97
Mademoiselle,
Je vous demande de bien
vouloir publier ce texte sans changer un mot, une phrase. Si vous êtes obligée
d’y faire des coupures, je vous prie de ne pas le publier . J’apporte cette
précision après la mauvaise surprise que j’ai eue hier en lisant le Figaro
: vos confrères ont censuré les trois-quarts de mon communiqué pour la presse
du 25 mars 1999.
Veuillez agréer, Mademoiselle,
mes très cordiales salutations,
Le Prince
Alexandre de Yougoslavie
Question : Quelle
a été votre réaction en apprenant la mise à exécution des frappes de l’OTAN
?
S.A.R. le Prince
Alexandre de Yougoslavie : Une partie de ma réaction a été publiée hier
dans le courrier des lecteurs du Figaro. Le 24 mars 1999, à 19h50, l’OTAN
a commencé des bombardements contre un état souverain, membre fondateur de
l’Organisation des Nations-Unies, sans autorisation du Conseil de Sécurité,
en violation directe de l’article 4 de la Charte des Nations-Unies et en violation
directe de l’Acte d’Helsinki, lequel proclame l’intangibilité des frontières
existantes des pays européens. Je réitère ici ma condamnation de cette nouvelle
barbarie génocidaire à l’aube du XXIème siècle.
Q : Quel regard
portez-vous actuellement sur la situation en Serbie ? Sur Milosevic ? Sur
la position des Kosovars ?
R : Le peuple
serbe a été agressé . Les villes serbes sont bombardées sans cesse. Beaucoup
de Serbes ont péri sous les bombes. Je ne vois que douleur et désolation et
des malheurs plus grands encores à cause de nouveaux bombardements dont on
a annoncé qu’ils allaient durer 24 heures. Je ne pense pas à M. Milosevic.
En tant que Serbe, je pense à mes frères et sœurs, aux enfants, à tous ceux
qui ne comprennent pas que la démocratie les bombarde sous prétexte d’éliminer
M. Milosevic et d’aider les Albanais du Kosovo-Metohija.
Q : De quel côté
se trouve la légitimité dans ce conflit ?
R : Du côté de
celui-ci qui se défend contre la plus grande armada jamais réunie dans l’Histoire
du Monde.
Q : Les bombardements
ne vont-ils pas entraîner un rassemblement du peuple autour de Milosevic ?
Peuvent-ils être efficaces ?
R : C’est un
fait accompli. Naturel et inévitable. C’est pour cela que le discours officiel
qui prétend qu’on en veut seulement à Milosevic ne tient pas.
Q : Quelle est
à votre avis la capacité de résistance de Milosevic ?
R : Il vaut mieux
chercher la réponse dans la résistance du peuple serbe pendant les deux grands
conflits mondiaux de ce siècle.
Q : Que vous
inspirent les terribles exactions commises au Kosovo ?
R : J’ai toujours
en mémoire les terribles souffrances des Serbes expulsés de Croatie (600.000),
d’une partie de la Bosnie (450.000), des Serbes expulsés de Sarajevo (150.000)
obligés d’emporter même leurs morts avec eux. Le sort de ces malheureux Albanais
du Kosovo ne me laisse pas indifférent. Je regrette qu’ils se soient laissés
berner par leur chefs civils et militaires de l’UCK qui les ont obligés à
soutenir leurs idées séparatistes et leurs méthodes terroristes dans le but
de créer un deuxième état albanais dans les Balkans. Je regrette également
que les Etats-Unis aient appuyé ces idées et les aient exposés aux bombardements.
Quand on bombarde une province dont on dit qu’elle est peuplée à 90% d’Albanais,
n’est il pas évident qu’ils seront les premières victimes de ces bombardements
?
Q : Quelles sont
selon vous les chances de réussite du premier ministre russe Primakov ?
R : Je souhaite
de tout mon cœur que la Russie réussisse à arrêter cette barbarie. Il est
très important de ne pas oublier le rôle que la Russie peut jouer dans le
monde et de ne pas continuer à l’humilier. Il faut que toute l’Europe apporte
son concours à cette tentative de ramener la paix sur notre continent. Sinon,
par inadvertance et suivisme, l’Europe sombrera dans une guerre fratricide
entre Européens. Nous avons le devoir de tout faire pour empêcher cela en
rétablissant le règne du Droit et des Droits de l’Homme.
(N.B. : les réponses
de S.A.R. le Prince Alexandre de Yougoslavie aux questions de la journaliste
de "France-Soir" sont publiées ici telles qu'elles ont été
transmises au quotidien par télécopie. L'interview ne correspond
donc pas forcément en tout point à ce qu'a publié "France-Soir".)
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