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A propos des exactions au Kosovo :

DE LA RESPONSABILITE DES SERBES

Paris, le 20 juin 1999

Jamais encore dans notre histoire nous n'avions été l'objet d'une si grande haine et confrontés à d'aussi graves accusations, portant atteinte à l'honneur et à la respectabilité de tous les Serbes. Il est incontestable que ceux qui ne nous souhaitent pas de bien ont beaucoup contribué, par la satanisation et l'exagération, à nous noircir. Mais cela relevait de leur travail.

Il est clair aussi que les peuples et les groupes ethniques avec lesquels nous avons vécus dans le même Etat ont en partie justifié et réalisé leur émancipation en présentant les Serbes comme seuls coupables d'une intolérable situation de violence.

Néanmoins, sans aucun doute, le régime au pouvoir à Belgrade et son Président portent une très lourde part de responsabilité. Par leur méconnaissance ou leur négligence des valeurs morales ancestrales des Serbes, par le détournement de nos plus nobles sentiments ( je pense avant tout à l'amour de la patrie) qu'ils ont utilisés savamment dans le seul intérêt de leur nomenklatura, ils ont contribué à ce que des crimes soient commis par certains des nôtres. Il est particulièrement déplorable que l'éthique guerrière traditionnelle serbe se trouve de ce fait remise en question, celle- là même que définit si bien Marko Miljanov (écrivain et homme d'état) lorsqu'il dit : "C'est faire preuve d'héroïsme que de se défendre de ses ennemis, mais c'est être humain que de défendre son adversaire contre soi-même".

Certes, elle n'a pas été toujours respectée, malgré les suppliques de l'Eglise et du Patriarche serbe Sa Sainteté Paul qui rappelait constamment le credo de la Mère Ephrossime : "Il vaut mieux perdre sa tête que de perdre son âme". N'a-t-il pas dit lui-même au début du conflit : "Un homme mort vaut mieux qu'un criminel vivant"?

Au lendemain des affrontements du Kosovo-Métohie, il est donc indispensable de rechercher et de rendre publiques les preuves de méfaits, d'en désigner les responsables et de les juger selon la loi. Toute tentative de dissimulation et de contestation non justifiée des faits imputés ne ferait qu'accroître le discrédit jeté sur la nation entière.

En tant que Serbe ayant connu l'expérience de la guerre, en tant que descendant d'une lignée de glorieux combattants, j'estime que notre armée doit être la première à défendre l'honneur serbe et à exclure de ses rangs ceux qu'elle sait coupables d'actes inhumains. C'est à ce prix seulement que l'on pourra protéger nos victimes de la haine des autres et parvenir à faire enfin la lumière sur les exactions dont les Serbes sont eux-mêmes les victimes et que l'immense culpabilité dont on les charge tous laisse pour le moment dans l'ombre.

C'est d'abord avec la Vérité que l'on sert sa Patrie.

 

Le Prince Alexandre Karageorgevitch