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Quand
le descendant des pharaons, le roi d’Egypte, Farouk, fut détrôné
par un coup d’état militaire en 1952, il donna des événements
le commentaire suivant: " dans quelques années le monde n’aura
que cinq rois - le roi de pique, le roi de cœur, le roi de carreau, le
roi de trèfle et la reine d’Angleterre " ! De toute évidence,
il s’est trompé. Aujourd’hui, en Europe, sur quinze états
sept sont des monarchies. Nombreux sont ceux qui les prennent même
pour les états les plus démocratiques de l’Europe. Quelle
est votre opinion à ce sujet ?
Je
ne suis pas certain que l’ancien roi d’Egypte Farouk descende des pharaons.
J’ignorais également sa passion pour le jeu. Il n’en reste pas
moins que les souverains d’Egypte qui l’ont précédé
dans ce siècle, (kediv) Ismail et le roi Fouad, subissaient une
forte influence de Londres. La monarchie est une idée politique
comme une autre. C’est un système de gouvernement dans lequel une
seule personne commande. Un royaume, en revanche, n’est pas une idée.
Il ne peut l’être de par sa nature profonde. On dit que, entre autres
fonctions qu’il assume, un royaume sert à gouverner une société
humaine. On ne discute pas du royaume. Dans le meilleur des cas, il peut
être un sujet de réflexion. On peut dire qu' un royaume est
un ensemble organique d' institutions - dont la première reste
l’institution monarchique. C’est un ensemble d' organismes (constitués),
de traditions, de lois écrites et tacites, mais avant tout un royaume
est constitué de personnes humaines, d' individus regroupés
selon un certain ordre. Un royaume est fondé sur de très
longs processus de mûrissement, sur un consensus, tandis qu' une
monarchie peut être réalisée, en une nuit, par un
référendum ou par un coup d’état. Aujourd’hui, comme
par le passé, nous avons des rois qui ne sont pas des monarques,
car ils ne dirigent pas leur Royaume. C’est le cas de la Reine Elisabeth
II. Une monarchie peut être constitutionnelle ; un Royaume est sa
propre constitution. Pour parler plus simplement, un royaume est fondé
sur la personne (le corps) du roi, sur le pouvoir de la monarchie. Un
royaume est fait à l’image de la famille, il reflète l’humanité,
car il ressemble à l’être humain chez qui le cerveau commande
tous les organes. Le roi est la clé de voûte de cette structure
harmonieuse. Plus encore, il en est la clé tout court ! Par conséquent,
il est nécessaire de bien distinguer la monarchie du royaume, car
il y a des monarchistes qui ne sont pas royalistes et inversement. On
entend aujourd’hui des opinions - je pense notamment à des souhaits
exprimés dans plusieurs pays de l’Europe de l’Est qui ont cessé
très récemment d’être des " démocraties
populaires " - selon lesquelles il suffit de " ramener le roi
dans le pays et lui offrir le trône " pour que ce geste en
lui même garantisse une meilleure vie au peuple et pour que le pays
se dirige vers le bonheur rêvé. Ce sont des reflexes qui
viennent d’une longue période passée sous la dictature communiste.
Il faut être honnête et dire ouvertement aux gens : ne vous
abusez pas, un royaume est la forme la plus haute, la plus parfaite du
gouvernement. Elle nécessite des personnes mûres et équilibrées
et une profonde compréhension des besoins de l’homme. Rien ne se
fait en une nuit. Pensez seulement combien de temps les parents mettent
pour élever un enfant.
On
dit que les rois aujourd’hui ne règnent pas et que du reste ils
ne sont pas là pour régner. Ils sont un symbole de la nation,
une voix qui s’élève au-dessus des partis politiques. Quelle
est à votre avis la réalité politique de la monarchie
? A quoi sert-elle dans des pays modernes ?
Ce
n’est pas grave quand, dans des royaumes qui existent en continuité
depuis des siècles, apparaissent par un effet de mode des rois
qui ne sont pas des monarques. On trouve dans notre siècle beaucoup
d’exemples où les rois prétendaient ne pas vouloir être
monarques, mais rester un musée vivant. Quelques autre rois, en
revanche, ont affirmé vouloir instaurer la démocratie. Ils
sont nombreux ceux qui, aujourd’hui encore, se leurrent et leurrent leur
propre peuple par des idées soit-disant démocratiques. Quand
le leader d’un parti politique promet au peuple la démocratie,
cela peut se comprendre, bien que la promesse soit tristement banale.
Mais, quand un prince, ou un aspirant au trône promet la même
chose, il devient clair qu’il n’a rien compris et qu’il ne comprendra
jamais rien. Puisque nous parlons des symboles de la nation, je vous donnerai
un exemple : notre nom - Karageorgevitch - est étroitement lié
au nom de notre peuple. Serbe veut dire insoumis. Notre nom de famille
est intégré à la base même de ce caractère
fondamental des Serbes qu’est l’insoumission. Vidé de son contenu
proprement serbe, il ne veut rien dire. Etre les descendants d’un seigneur
serbe ne signifie pas automatiquement que nous sommes le symbole de la
nation serbe. Il faut être digne de ce nom et vivre aux côtés
de ses frères Serbes dans une grande et respectable maison : dans
l’état qu’appelait de ses vœux St Sava. On voit aujourd’hui clairement
à quel point il était criminel de nous chasser, de nous
condamner - nous les Karageorgevitch - à l’exil, et tous les Serbes
au communisme, c’est à dire à la dictature du prolétariat
qui a entraîné les conséquences les plus tragiques
dans notre histoire. Il ne faut pas s’imaginer le roi comme une sorte
de décor ou de " voix au-dessus des partis politiques ".
Qu’est-ce que cela donnerait si l’on disait à propos du corps humain
que la place de la tête est là où esthétiquement
elle est le mieux mise en valeur, ou si l’on disait que le père
de la famille est comparable à un piano dans le salon d’une maison
où personne ne sait jouer de cet instrument ?
Ils
sont nombreux ceux qui opposent la monarchie à la démocratie.
Est-ce que les valeurs de la monarchie et celles de la démocratie
sont réellement opposées ?
Récemment
encore prédominait la vision selon laquelle les démocraties
occidentales étaient un modèle de travail bien fait dans
les affaires de l’état. L’Occident n’avait qu’une seule idéologie
: le développement rapide et l’augmentation de la production des
biens. Le monde était divisé en deux blocs: d’un côté
le bloc occidental, de l’autre le bloc communiste. Dans l'un régnait,
disait-on, la démocratie et les droits de l’homme, dans l’autre,
qui s’étendait à l’Est, avaient cours la répression
des libertés, les goulags et la pensée unique. Depuis qu’avec
la chute du mur de Berlin et la création d’une grande Allemagne,
le système de l’Est a vécu son naufrage, sa dislocation,
les anciens appétits expansionnistes ont fait surface à
l’Occident. Du jour au lendemain, la " plus grande démocratie
occidentale " est devenue hégémonique. C’est elle qui
menace aujourd’hui le plus sérieusement la liberté et le
droit des peuples à l’autodétermination. On se rue aujourd’hui
vers l’Est russe comme on se ruait au siècle précédent
vers le Far West. Pour notre malheur, c’est nous, les Serbes qui nous
trouvons exactement au milieu du chemin qui mène vers ce butin.
Nous pourrions facilement connaître le destin des Indiens de l’Amérique
du Nord qui furent exterminés parce qu’ils représentaient
un obstacle pour les meutes d' individus assoiffés de profits faciles.
Nous sommes témoin des grandes persécutions des Serbes,
du morcellement et de l’occupation des territoires sur lesquels ils vivent
depuis des siècles, tandis que les événements survenus
depuis un an dans la Republika Srpska, et qui sont la conséquence
de l’intervention de la communauté internationale, constituent
un bon exemple de la façon dont on peut tourner en dérision
ces principes dits " démocratiques " dont l’Occident
s’est tant vanté au cours de ces deux derniers siècles.
Et je ne parle même pas de l’organisation du tribunal de la Haye,
de ces listes secrètes d' inculpés et de détenus
serbes, dont un s’est récemment pendu - tout seul, selon l' explication
officielle - à une poignée de porte ! Le communisme a subitement
connu un crash politique et économique, mais en même temps
les valeurs démocratiques dans les systèmes occidentaux
se trouvent également menacées. Cela se voit dans l’influence
que les médias électroniques ont sur l’opinion publique,
dans l’importance que certains lobbies ont acquise et dans leur influence
sur les décisions prises par le gouvernement de l’unique superpuissance
mondiale. Le monde se rétrécit et un petit nombre de personnes
restées dans l’ombre a réussi, grâce aux profits exorbitants
des compagnies multinationales, à s’octroyer le droit de décider
du destin de centaines de millions d’êtres humains. Tout empire,
nous dit l’une de ses définitions, tend à soumettre le monde
entier. Tout empereur, sans aucune fausse modestie, tient entre ses mains
le globe terrestre comme symbole de ses intentions politiques. Aujourd’hui,
un tel globe est affiché tous les soirs par une station de télévision
qui fait la propagande du village planétaire. D’un côté
on a l’impression que le temps du citoyen ordinaire s’est accéléré,
de l’autre côté on a l’impression que le monde se précipite
dans l’entropie d’un village planétaire virtuel. Cet échec
des valeurs, cette manie de déraciner et la chasse qu'on livre
à tout ce qui est national ont produit un déséquilibre
dans certains pays occidentaux. Les ex-puissances mondiales sont devenues
des pays de troisième ordre [marginaux]. Parmi ceux-ci se trouvent
de nombreux pays qui risquent de devenir de simples régions gouvernées
par la seule puissance monétaire européenne. Les courants
actuels, le chemin sur lequel l’hêgemôn veut entraîner
tous les peuples, est très dangereux. Il porte en soi la faute
initiale qu’aucun empire ne pourra jamais résoudre. C’est la faute
que Napoléon a commise lorsque, en présence du Pape, il
s’est promu empereur. Le nouvel hégemon a commis la même
erreur il y a quelques années, lorsqu’il a promu le nouvel ordre
mondial. Il faut avoir à l’esprit que le royaume n’est pas fondé
sur des biens, mais sur un être. Le roi est son propre pays dans
l’unité de son incarnation. Pour cette raison, un vrai roi est
partout chez lui. Le royaume est le seul régime à être
fondé sur l’amour et non sur la popularité. Le célèbre
orateur français et précepteur de princes, Bossuet, dit
: " Un bon citoyen aime son roi comme un bien commun, comme le salut
et la sauvegarde de son état, comme l’air qu’il respire, comme
la lumière de ses yeux. " Quand il n’y a plus d’amour, il
n’y a plus de roi. Voyez-vous, aucune définition de la soi-disant
démocratie, à ce que je sache, ne précise que ce
phénomène est fondée sur l’amour. Comment alors peut-on
penser un seul instant qu’un tel phénomène puisse concurrencer
les conceptions que j’essaie d’exposer clairement afin qu’elles soient
comprises facilement par tous les Serbes.
On
attribue à votre père, le prince Paul, de nombreuses décisions
qui ont causées ultérieurement beaucoup de mal au peuple
serbe. Nous pensons, avant tout à l’époque du Pacte Tripartite
(1941). Qu'il s'agisse de documents fiables, d’une mauvaise connaissance
de l’histoire ou de la propagande des communistes, ces décisions
ont laissé un très mauvais souvenir dans la conscience serbe.
Pouvez-vous nous donner quelques témoignages personnels de cette
époque ?
Mon
père, le Prince Paul était une personne responsable et un
homme qui tenait sa parole. Depuis le premier jour de son exil il souffrait
profondément de la débâcle du royaume. Seul l’amour
qu’il portait à notre mère et à nous-mêmes,
ses enfants, l’a empêché de mourir de chagrin. La débâcle
du royaume et le triste sort des Serbes l’avaient profondément
atteint. Il a porté cette douleur jusqu’au dernier jour de sa vie
d’une façon noble, princière. Mon père avait l' âme
noble. Il aimait et respectait son peuple et son pays. Prenez et feuilletez
les catalogues des deux expositions que le Musée du prince Paul
avait organisé à la veille de la guerre: " La peinture
française du XIXe siècle " et " Le portrait italien
à travers les siècles ". Ils vous découvrent
les goûts de ce prince serbe, sa compréhension profonde et
son exaltation devant l’art, surtout devant la peinture. C’était
un collectionneur éclectique. Il a reçu en cadeau de nombreux
tableaux de la part de ceux qui avaient compris à quel point il
aimait et respectait le travail des peintres. Le prince Paul avait l’intention
de léguer ses biens au peuple serbe, sous forme d’une exposition
permanente dans le musée qui porterait son nom. Après la
guerre - on le sait pertinemment - les nouveaux maîtres du pays
ont tout fait pour dénigrer mon père et, comme ils disaient,
" la Yougoslavie pourrie ", c’est à dire le Royaume.
Il est exact que la propagande communiste a laissé une trace profonde
dans la conscience du peuple. Il faut néanmoins s'interroger sur
la trace négative que ces mêmes communistes et leurs descendants
ont laissée à leur tour et s’interroger sur tout ce qu’on
peut leur attribuer aujourd’hui. Et ce jugement ne résulte pas
d’une propagande ou d'une divergence sur la vision de l’organisation politique
du pays, mais bien de l’observation des résultats obtenus. Les
grands constructeurs de notre royaume, les travailleurs honnêtes
et infatigables, ont été remplacés par les personnes
dangereuses et nuisibles qui détruisirent l’avenir serbe. Ils ont
séparé et continuent à séparer encore les
Serbes d’eux-mêmes, de l’enseignement de St Sava et de sa Sainte
Eglise, des Saints Némanides, du Kosovo et de l’éthique
qui en découle, du serment du Tzar Lazare, de la poésie
épique serbe, de la Sparte serbe qu’est le Monténégro,
de l’héroïque Republika Srpska. Sous nos yeux impuissants
s’achève le processus de haine contre l’état serbe et sa
souveraineté, contre les reliques et l’héritage des guerres
de libération, contre les tombes sacrées des Serbes et contre
nos martyrs de la liberté. Combien de temps, combien d’encre les
communistes ont-ils passé et dépensé afin de rendre
odieux au peuple serbe son propre royaume ! Souvenez-vous avec quelle
rage ils hurlaient contre " la dictature du 6. janvier " et
le roi Alexandre, alors que celui-ci essayait tout simplement de ramener
à la raison les Croates et de stopper l'épidémie
que les communistes avaient propagée. Il a fait ce que tout Serbe
intelligent aurait fait à sa place : il a interdit le Parti Communiste.
Est-ce
que l’histoire se répète ? Est-ce que les événements
de cette fin de siècle vous rappellent la situation en Serbie après
1903 ?
Si
seulement notre histoire du début du siècle pouvait se répéter
! Depuis le couronnement du roi Pierre en 1903 jusqu’à l’éclatement
de la Grande Guerre, la Serbie a vécu l’une des plus dynamiques
et de plus glorieuses périodes dans son histoire. L’histoire ne
se répète pas. Il est vrai que le protectorat en Bosnie-
Herzégovine rappelle l’annexion faite par l’Autriche-Hongrie ,
mais la Serbie d’aujourd’hui n’est pas celle de 1908. Cette fois, Belgrade
s’est mal comporté avec ses frères de l’autre côté
de la Drina. On tenait plus à une idéologie qui a fait banqueroute
qu’à la protection des intérêts nationaux et étatiques
des Serbes de Krajina et de Bosnie-Herzégovine. Ce n’est pas étonnant
: la question serbe ne peut pas être résolue par les communistes.
C’est une question nationale, tandis que les communistes restent par essence
des êtres dépourvus de sentiment national. Ils ont montré
également qu’ils sont incapables de défendre les intérêts
serbes et de protéger la population parce qu’ils ne se sentent
pas Serbes, mais bien Yougoslaves. Certains communistes se sont accrochés
depuis peu au nouvel internationalisme appelé " nouvel ordre
mondial ", qui les attire parce qu’il ressemble au Komintern. L’usurpation
de l’être national serbe par le parti communiste depuis plus d’un
demi-siècle est un cas unique, propre à être analysé
comme exemple de la maladie qui peut frapper un peuple. Imaginez que vous
ayez une petite verrue qui, après cinquante ans, a pris une telle
proportion et une telle force que personne n’est plus capable de vous
reconnaître, de vous voir ou de vous entendre. Tout le monde voit
et s’adresse à la verrue tandis que vous végétez.
Votre faiblesse est proportionnelle à sa force. Cette verrue vous
garde en vie parce que sans vous elle crèverait. Et elle explique
à qui veut l’entendre que c’est vous qui êtes son excroissance.
Tout ce temps, elle vous hait car vous n’êtes pas de sa race.
Dans
quelle mesure les paroles de Jovan Doutchitch dans son livre " Avec
la foi en Dieu et la Serbie " sont-elle encore présentes dans
la conscience du peuple serbe ?
Le
soleil réchauffe les bons comme les mauvais, dit l’Evangile. C’est
ainsi parce que son rôle est celui d’un roi. Le roi est le point
géométrique où se croisent les forces dont il assure
l’harmonie. Le blason serbe le montre éloquemment : l’aigle blanc
à deux têtes avec la couronne des Némanides symbolise
l’harmonie parfaite entre l’Eglise et l’Etat. Une tête représente
St Sava, l’autre son frère, le roi Stéphane. Ainsi, sans
aucun doute, l’état serbe ne peut se concevoir sans la participation
de l’Eglise serbe. Nous savons que St Sava a souvent accompli des missions
politiques pour le compte du royaume serbe. Néanmoins, la préoccupation
principale de notre père spirituel restait l’exploit chrétien,
dont le but était de découvrir la source de la lumière
et de la transfiguration, c’est à dire l’union avec Dieu. Voici
comment son frère, le roi serbe commence le dix-neuvième
chapitre de sa " Vie de Stéphane Némania " : "
Par la grâce de Dieu et notre sauveur Jésus Christ et par
la grâce de la Sainte Marie … " Plus loin, dans le chapitre
vingt, il écrit : " Je me retournai vers mon maître,
le moine Sava, pour être béni de sa main … " C’est de
son frère qu’il parle. St Sava disait toujours : " Mon Seigneur
Jésus Christ ". St Sava a laissé les lois que les moines
devaient respecter. Il ne songeait pas pour autant écrire les lois
qui devaient préserver l’harmonie entre l’Eglise et le royaume
serbe. Son frère et lui savaient bien que de telles règles
existaient. Par leurs propres actes, ils ont donné un exemple de
ce que devait être le fondement du royaume serbe. C’est le respect
de l’Evangile. Un roi doit faire attention à ne pas s’écarter,
en servant son Seigneur et son peuple, de l’enseignement " de cette
perle sans prix", comme St Sava désignait son Seigneur Jésus
Christ. Le saint Némanitch enseignait à ses moines comment
approcher " le cœur de tout bien " qu’est l’amour. J’ai dit
que le royaume était le seul système fondé sur l’amour.
St Sava l’avait compris. Il est important pour nous de comprendre que
c’est, dans l’esprit de cet homme miraculeux - Rastko Némanitch,
devenu plus tard St Sava - qu’a germé et s’est développé
notre beauté la plus chère: l’équilibre entre le
cœur et la raison. Lorsque nous découvrirons comment il l’a fait,
il renaîtra en nous comme une source intarissable d' harmonie, d'
espoir saint et de félicité. Après les vicissitudes
spirituelles par lesquelles nous sommes passés au cours de ce siècle,
le secret de notre résurrection demeure dans une nouvelle compréhension
de l’enseignement de St Sava. Il faut que tous ceux qui œuvrent à
la cause de la nation l’étudient et l’imitent. Il faut qu’il soit
aussi la principale référence du futur roi serbe.
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